Rives de la Bénoué

INTEGRATION ET UNITE NATIONALE

Intégration et unité nationale

 

La Bénoué, un symbole de taille

 

Ils sont de tout age, de tout sexe, de toutes les religions et d’origines diverses les populations de la ville de Garoua et du département de la Bénoué en général. Une population qui semble se mouvoir dans une aisance malgré leurs origines très diversifiées Ils sont Peul, Haoussa, Fali, Bornouan, Matakam, Guiziga, Toupouri, Moundang, Bamiléké, Béti,  Bassa, mais tous se comportent comme un poisson dans les eaux de la Bénoué où il est difficile de distinguer les uns des autres dans le vécu quotidien. La Bénoué dans son ensemble présente l’image d’un Cameroun en miniature où l’intégration est une réalité non d’esprit mais vivante et palpable, une partie du Cameroun où l’intégration se manifeste dans la vie de tous les jours favorisant ainsi un bloc, une entité si chère à notre pays le Cameroun. La religion, les habitudes culturelles et autres us et coutumes sont ici une richesse qui se partage à toutes les occasions de bonheur et de malheur. Dans la Bénoué deux villes marquent à souhait l’effectivité de l’intégration nationale. Il s’agit de la ville de Garoua, ville mythique et historique et la ville de Lagdo, une sorte de Eldorado qui attire à travers le grand barrage hydro-électrique, ses lacs poissonneux et surtout ses vastes terres irrigués. Tour d’horizon de cette vaste unité, véritable laboratoire d’intégration nationale et même sous-régionale cadre propice à la culture de la paix et de l’unité nationale.

 

Reportage

 

            De Lagdo à Touroua en passant par Tchéboa, Pitoa, Demsa, Dembo, Baschéo, Pitoa, et Bibémi, le département de la Bénoué abrite une mosaïque de peuples. Des peules qui viennent d’origines diverses qui vivent aujourd’hui en parfaite harmonie. Les autochtones ont accueilli à bras ouverts, aux travers des projets de développement et autres activités lucratives, d’autres populations venues de plusieurs horizons. Le Projet Nord Ouest Bénoué a permis à des milliers de personnes de partir de l’Extrême nord pour peupler une grande partie du département de la Bénoué. C’est ainsi qu’on retrouve les Toupouri, les Massa, les Guiziga et autres aux cotés des Fali, Bata et foulbé dans les activités agropastorales sous l’encadrement de la Société de Développement de Coton (Sodecoton).  Dans ce sillage, plusieurs villages ont vu le jour dans le département. Haman Roger, venus de l’Extrême nord souligne « qu’il participe activement aux cotés des natifs de Lagdo au développement de la ville même si cela n’a pas été facile au départ compte tenu des incompréhensions » Des incompréhensions que les autorités administratives ont toujours décriés pour encourager la collaboration entre les peuples et surtout cultiver à travers des messages la paix et l’unité, gages d’un développement. Des autorités qui ont également proscrit les vocables du genre « wari wari » qui désigne ceux qui viennent d’ailleurs.

Les marques de l’intégration sont parfaitement identifiables à Garoua et à Lagdo, deux villes d’accueille par excellence. A Garoua par exemple, tous les noms des quartiers tirent leurs origines des lieux de provenance des populations qui y vivent. Preuve par quatre qu’il est possible de venir d’ailleurs et de s’installer définitivement dans la localité. Laindé, Foulbéré, Sabongari, Liddiré et Ndjamboutou sont aux cotés des quartiers à racines extérieures. Il s’agit de Marouaré, Toupouriré, Ngaoundéréré, Reyré, Demsaré, Baschéoré, Nkolbives, Bamiléké peuplés des originaires de Maroua, Ngaoundéré, Demsa, Baschéo pour les localités et les Toupouri, Bamiléké, Béti pour les groupes sociaux sans oublier les Arabes choas de Kilarou, les Haoussa de Haoussaré, etc.

 Toutes ces populations sont régies aujourd’hui par des structures d’encadrement basées sur les chefferies locales. Chaque communauté fait parti d’un Lamidat. C’est ainsi qu’à la tête de la communauté Béti par exemple se trouve un chef, généralement de 3ème degré qui répond du Lamido de Garoua. Il se comporte comme tout autre chef de la même catégorie autochtone de Garoua Ainsi, à la Fada de Garoua répondent les Lawan (chefs de 3ème degré) de toutes les communauté ethniques résident à Garoua. A Nkolbives, un quartier de la ville de Garoua, un quartier d’origine Béti mais qui selon son chef M. Abdou Benito « accueille toutes les couches sociales du Cameroun et de l’extérieur » Et dans le fonctionnement quotidien de la chefferie, M. Abdou Benito ajoute « j’ai procédé à la  responsabilisation des notables suivant la tribu à la quelle ils appartiennent. J’ai un notable bamiléké pour la communauté bamiléké, un notable Anglophone, un notable Béti, un notable Fali »

La cohabitation et les relations humaines entre ces multiples peuples qui s’accordent respect mutuel s’effectuent par les partages d’idée et une participation active à chaque manifestation culturelle organisée par les uns et les autres. Lorsqu’une communauté organise une manifestation elle ne tarde pas à inviter d’autres frères. Quelques cas qui ont retenu l’attention : la semaine culturelle des Douala qui c’est ténu en Décembre dernier, les différentes semaines culturelles bamiléké, la fête du coq chez les Toupouri, l’Assemblée générale de Fali, etc. Pendant celles-ci, les organisateurs invitent les tribus autre que la leur  à cette manifestation.

En marge des ces différentes manifestations, les fêtes religieuses à l’instar de Noël le 25 décembre, la fête de fin de Ramadan ou la Tabaski sont devenues des moments de communion populaire. En effet, bien des chrétiens se retrouvent chez les musulmans lors de la fête de mouton. Pareillement, des musulmans vont chez les chrétiens le jour de noël pour honorer de leurs présences ces occasions de joie. Par ailleurs la semaine culturelle de Garoua draine sans distinction d’ethnie ou de religion  une marée humaine chaque année. C’est le lieu d’exhibition et démonstration des réalités culturelles de toutes régions du Cameroun et au delà du triangle national. Sur un tout autre plan,  les mariages, les baptêmes et autres cérémonies sont des occasions des rencontres inter ethniques où le Bassa découvre le mariage chez le Toupouri, le Douala découvre la fête du coq chez le Toupouri, le Bulu découvre la fantasia du Lamidat de Demsa ou de Garoua pendant que le peul  découvre le Ngondo au bord de la Bénoué.  

En matière culinaire, l’intégration est perceptible dans nos restaurant et autres « tourne dos » ou à des occasion de fêtes. Tous les met du pays sont au menu. Pendant le Bakweri du sud ouest goûte au « folleré » du nord, le Guiziga se régale avec le « mbongo-tchobi ». Les feuilles de baobabs ne sont plus un secret pour le douala.

A Lagdo, le Maire de la commune locale est le symbole vivant et concret de l’intégration nationale, lui qui vient du Logone et Chari et les 65 groupes ethniques vivant en parfaite harmonie la preuve par quatre d’une unité nationale en bonne marche.

 

Essiakou Elhadj Saliou

 

 



09/02/2009
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