Rives de la Bénoué

Le Nord au scanner

Administration publique

Le Nord au scanner

L’émergence de la Région du Nord passe par l’amélioration du rendement  de tous les services régionaux. C’est l’interpellation du Gouverneur de la Région, M. Wilson Joseph OTTO aux préfets, Sous-préfets, maires et délégués régionaux du Nord au cours des réunions de coordination administrative et le comité de coordination pour le maintien de l’ordre tenues jeudi dernier à Lagdo .


Placée sous le thème « l’émergence administrative et la sécurité dans la Région du Nord », la réunion de coordination administrative s’est tenue à Lagdo, ville balnéaire du Nord. Sur un ton calme mais sévère, Joseph Otto Wilson a intimé à ses collaborateurs de relever le niveau des services administratifs dans les différents secteurs pour arrimer la Région dont il a la charge à la vision du chef de l’Etat S.E. Paul Biya. L’actualité dominée par la politique, le Nord ne cache pas sa fierté d’avoir inscrit 96% des électeurs sur les listes électorales et de se hisser ainsi au perchoir. « il ne faut dormir sur ses lauriers,  il faut réaliser les 100% tout  en conservant son acquis. » a instruis le Gouverneur.

Sur le plan culturel et social le Gouverneur de la Région a demandé les parents de donner à leurs progénitures la meilleure éducation pour que cesse les exactions et la délinquance juvénile. C’est aux parents d’y mettre un point d’honneur.  Abordant le domaine agricole, Joseph Otto Wilson a exigé la bonne gestion des céréales en mettant en œuvre des mesures pour limiter voire supprimer la sortie frauduleuse du coton grain et du céréale, et le bradage pour exorciser les esprits de l’insuffisance alimentaire qui plane sur la région suite aux récentes inondations qui ont mis en mal des hectares de cultures et la fuite des capitaux. L’on se souvient que plusieurs hectares de culture ont été dévastés par les eaux en furie dont les répercussions se font sentir en saison de pluie, période de soudure jusqu’à la prochaine récolte. M. Gourlemont Gilbert, Directeur de l’Office Céréalier, a été personnellement interpellé pour poursuivre des négociations avec des partenaires et fournisseurs afin de subvenir aux besoins en céréales dans la Région en temps opportun.  

Pour ce qui est des marchés publics, le Gouverneur a prescrit l’assainissement du secteur.  Cette phrase du Gouverneur «  éviter d’attribuer les marchés aux entrepreneurs moribonds » est la feuille de route pour que les fortunes publiques soient utilisées à bon escient. Par ailleurs le Gouverneur a insisté auprès des sous-préfets et des maires afin qu’ils prennent des mesures en amont pour prévenir les surplus des eaux.

A tour de rôle, chaque délégué a fait un point sur les activités de son secteur. La gestion des redevances fauniques par les maires et des points d’eau relance l’épineux débat sur la capacité des les magistrats municipaux à bien conduire la décentralisation. Ces derniers sont mal vus par le Gouverneur pour la mauvaise assimilation de la leçon de la décentralisation.

Une recommandation particulière a été faite par le Gouverneur s’agissant des inscriptions biométriques sur les listes électorales. Il faut mobiliser les retardataires  à s’inscrire et à retirer leurs cartes d’électeurs pour les inscrits de la première heure.

Le deuxième point fort de la rencontre est lié à la sécurité. D’un département à un autre, le problème varie en fonction des situations qui peuvent troubler l’ordre public. , Dans le Mayo Rey, le Préfet Amougou François a été instruit de redoubler de vigilance pour sécuriser le Parc national de Bouba Djidda sous la menace des braconniers qui massacrent nos éléphants. Les coupeurs de route ont fait parler d’eux ces derniers mois sur le tronçon carrefour Guidjiba à Tcholliré. On note un travail noble abattu par les éléments du BIR dans la lutte contre le banditisme et la grande criminalité. Les localités couvertes par le BIR sont sous très haute sécurité contrairement à cet axe long d’une soixante dizaine de Km. Quelques cas qui n’honorent pas notre pays ont fait perdre le sommeil aux citoyens fréquentant cet axe. Quelques cas ont été évoqués : Le 15 mai dernier, des malfrats  Mbororo  ont attaqué  avec des armes de fabrications artisanales, les motos taxis sur le tronçon Guidjiba-Tcholliré. Après avoir copieusement battu les infortunés, les malfrats ont emporté argent et objets de valeur. Une semaine plus tard sur le même axe, une autre attaque a fait des blessés graves, dont un homme en tenue qui se rendait à Tcholliré. Il succombera à ces blessures plus tard à Yaoundé. Ce même jour l’épouse du Préfet du Mayo Rey, Amougou François et son chauffeur ont subi également la vindicte de ces hors la loi, leurs bourreaux s’exprimaient uniquement en arabe. Le 28 mai dernier, une autre attaque perpétrée a fait deux morts au niveau du pont Bénoué, sur le même tronçon. Téléphones, pagnes, argent ont été emportés. Et tout récemment à Garoua, dans le quartier Ngalbidjé, Youssoufa Bakary, moto taximan a été assassiné par deux agresseurs. Après leur forfait, ils ont été rattrapés par les populations en furie qui les ont passés vifs aux flammes du feu.

La Région du Nord partage des frontières avec le Nigéria où la secte Boko Haram constitue une menace très sévère pour la stabilité du pays voisin. Le nord partage également des frontières avec la République Centrafricaine où la prise du pouvoir par les rebelles qui a instauré un climat d’insécurité. Malgré tout, la Région du Nord reste stable reconnaitra le numéro « un » de la Région. a précisé le Gouverneur.  

Fiscalement l’année 2012 n’a pas tenu ses promesses à cause des difficultés que rencontre le secteur décryptées par le Chef de Centre  Divisionnaire  des Impôts du Nord dans une interview accordée à L’Action.      

                                                                                             Pierre Abdou.

 

 

Réactions :

Joseph Otto Wilson, Gouverneur de la Région du Nord

« Nous n’avons enregistré aucun fait qui crée une quelconque appréhension, pas d’afflux massif des populations en provenance de ces pays voisins. En ce qui concerne la République Centrafricaine, nous n’avons accueilli en tout cinquante personnes. Ces derniers ont été identifiés par les forces de maintien de l’ordre et la plupart d’entre eux sont les employés de la société de coton Tchad qui sont pour la plupart rentrés déjà chez eux. S’agissant de la frontière Ouest, nous avons reçu les responsables de HCR suite à certaines publications qui sont paru à Yaoundé selon les quelles qu’il y avait des afflux massifs des populations. Il a ya pas d’afflux des populations aux frontières d’avec le Nigéria et la Centrafrique. Nous déplorons plutôt le fait que les échanges commerciaux avec les voisins soient ralentis du fait des problèmes que vivent nos voisins. Sous réserve de ce que la situation évolue entre temps, je voudrais rassurer tous que sur le plan sécuritaire, notre région a un calme relatif »

 

Interview

MAHAMA D. TAOUSSET, Inspecteur des régies financières,

Chef de Centre Divisionnaire des Impôts de Garoua.

L’Action : quel bilan dressez-vous de l’année budgétaire 2012 au  centre divisionnaire des impôts du Nord ?

Mahama D. Taousset : L’année budgétaire 2012 est une année très difficile pour notre structure au point de vue recettes fiscales dont les chiffres ne sont pas les mêmes que par le passé. Les objectifs escomptés par la hiérarchie n’ont pas été atteints, pour des raisons multiples. La loi des finances 2012 a modifié beaucoup de choses, le régime d’imposition est passé de quatre à trois qui étaient assujettis à la TVA, on se retrouve actuellement au régime du réel soumis à la TVA. La TVA est la taxe la plus rentable pour  notre budget. Le second problème se situe au niveau de la disparition de régime de base, et la grande cause c’est l’économie de la Région du Nord, qui connaît d’énormes problèmes sur le plan économique. Il  y a baisse d’activités économiques. Cette baisse est due à l’implantation de la société SOACAM. Les contribuables ne peuvent pas faire concurrence à  SOACAM  dans les produits de grande consommation ; FOKOU et QUIFEROU qui défient les contribuables qui  font dans les matériaux de construction.  

L’Action : Parlant de la fiscalité, est-ce la culture fiscale est-elle assimilée par les opérateurs économiques ?

Mahama D. Taousset : Nous sommes également dans un secteur où la culture fiscale n’est pas encrée dans les mœurs des contribuables. Beaucoup de contribuables n’acceptent pas le paiement des impôts et préfèrent évoluer dans le secteur informel et le secteur le plus insolvable est le secteur du commerce. Par rapport à notre niveau de recouvrement, tous les contribuables ne se sont pas acquittés de leurs devoirs. A la fin de chaque année nous procédons au contrôle  externe. C’est ce qui est entrain d’être fait à l’heure actuelle dans le compte de premier semestre en vue d’amener chaque contribuable à s’acquitter de ses devoirs fiscaux.

L’Action : En cas de récidive d’un contribuable quelles sont les mesures  adoptées par les services de recouvrement des impôts ?

 Mahama D. Taousset : L’administration fiscale dispose de plusieurs voies et moyens pour  y parvenir. Si vous n’êtes pas en règles, elle nous autorise à poser le scellé dans le secteur du commerce général tout comme dans le secteur de l’industrie, c’est un moyen d’amener près de 90% des contribuables à être en règles. Compte tenu des objectifs très élevés en fonction des moyens qu’on a, ceci nous  amène à mettre plus de pression sur le contribuable, ce dernier voyant la pression, il se dit qu’on lui demande trop et pourtant c’est le contraire. Il n’y a pas de pression fiscale car nous voulons également atteindre nos objectifs. Déjà la suppression de la TVA au niveau du régime simplifié, nous pose d’énormes problèmes et à l’heure actuelle, il est difficile d’atteindre nos objectifs.

L’Action : Au delà des problèmes suscités, quelle est l’autre face cachée du non atteint des objectifs fixés par la hiérarchie ?

Mahama D. Taousset : A l’intérieur, nous souffrons du manque de personnel et surtout qualifié et le second problème est celui du matériel de travail. Nous n’avons pas de personnel adapté aux exigences de l’heure, les moyens de déplacement qui  en font également défaut. En plus il y a des brebis galeuses dans nos rangs, mais elles sont sanctionnées et actuellement il y a deux de nos agents qui sont passés à la trame du ministre des finances. Toutes les dispositions sont prises pour sanctionner les agents véreux des finances et nous demandons aux contribuables d’exiger  les quittances pour le paiement de leurs impôts.       

                                                                                                Propos recueillis par  Pierre Abdou.



08/07/2013
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