Rives de la Bénoué

l’agriculture de nouvelle génération

Performance agricole dans le Nord

Le Minader pose les jalons de l’agriculture de nouvelle génération

En visitant l’Ecole Technique d’Agriculture de Garoua, le site de la future ferme semencière de Lagdo et l’usine de la Sodecoton, le Minader Essimi Menye entend injecter du sang neuf pour une agriculture de seconde génération.

FERME SEMENCIERE DE LAGDO.JPG
L’Ecole Technique d’Agriculture de Garoua va se démettre de ses traditionnelles fonctions, celle de former des Techniciens d’agricultures. Le site de Poukloukou qui abrite l’école dispose assez d’espaces pour répondre aux nouveaux défis. Cette institution qui dispose de 14 ha réservés aux bâtiments, 40 ha pour la ferme d’application et de 120 ha à Djola situé à une quarantaine de kilomètre de Garoua sur l’axe Garoua N’Gaoundéré. Voilà la principale information apportée par  Le Ministre de l’Agriculture et du Développement Rural en visite de travail dans la Région du Nord.  M. Essimi Menye a traduit le rêve du Gouvernement, celui de transformer cette école en une structure internationale de formation des entrepreneurs agro pastoraux avec le niveau BAC. Pour le MINADER, l’injection du sang neuf va permettre au Cameroun d’améliorer la production des exploitations agricoles et de résoudre les problèmes de chômage dans le secteur privé et public.

La seconde importante information est liée à la Ferme semencière de Lagdo qui sera dotée dans 18 mois des capacités pour produire les céréales, notamment le maïs, le riz, le sorgho, les arachides, le niébé, les cultures maraichères, fourragères et fruitières. Ce périmètre de 2000 hectares offert par le Ministère des Domaines est constitué sur le plan de la pédologie, de deux types de sol à savoir, les vertisols qui occupent 32%  et les sols fertiques 28% sans oublier les sols légers qui occupent 50%. Les 32%  de sols seront réservés à la riziculture et le reste à la polyculture.  Les aménagements de type classique verront le jour dans bientôt avec les panneaux d’irrigation et de drainage. Pour y arriver il faut nécessairement aménager une digue de protection le long de la Bénoué. L’irrigation doit se faire depuis le barrage. La ferme semencière a un besoin de 140 mille m3 d’eau par an. La Méaden et AES Sonel auraient signé un partenariat en vue de réserver 160 mille m3 d’eau par an pour cette ferme qui verra le jour dans 18 mois. Sur les deux rives de la Bénoué, le besoin en réserve d’eau s’élève à 400 millions de m3 d’eau pour suppléer au ravitaillement incessant avec la nécessité de dérivation. Les études vont démarrer dans un avenir proche pour établir les premières unités de production. « L’agriculture a besoin des hommes formés et de bonnes semences, de la mécanisation pour produire, vendre et conserver. S’il n’y a pas de semence de bonne qualité, la productivité est mitigée,  avec les semences certifiées nous permettront d’avoir la traçabilité. Elles seront calibrées et conditionnées, et mises à la disposition des différents producteurs », a relevé le Ministre Essimi Menyé aux populations locales. L’objectif du Gouvernement avec les quantités produites est de garantir la ration quotidienne aux Camerounais et le surplus sera vendu sur le marché local et international.

De retour à Garoua, le ministre s’est rendu à l’usine huilerie de la Sodecoton située dans la zone industrielle de Garoua, qui produit l’huile Diamaor extrait du coton, une huile très ancienne des années d’indépendance. Deux usines sur neuf, ont été visitées par Essimi Menye.  La première goutte a été pressée à Kaélé dans l’Extrême Nord du pays selon les explications du chef d’usine M. Youssoufa. Le conducteur d’usine d’égrenage M. Ndoumbé a quant à lui expliqué de long en large le processus de transformation du coton en fibres, huile et tourteaux.  La deuxième huile pressée dans la même usine est l’huile de Soja introduite pour pallier à la grande demande en huile Diamaor.

Au cours de la séance de travail tenue après la visite de la Direction de la Sodecoton sous la conduite du nouveau DG Abdou Namba, M. Henri Clavier, le Directeur Général Adjoint a présenté les prouesses et les déboires de la société. La société jusque là essuie les conséquences l’hémorragie liée à la fuite de coton graine vers le Nigéria en 2010-2012.  Le DG adjoint a mentionné entre outre le renouvellement du parc automobile à 33%  en trois ans. L’objectif d’ici 2015-2016 est d’avoir un parc d’une moyenne d’âge de 7 ans. Dans le chapitre des  frasques, il a relevé les tristes souvenirs des inondations de 2012 qui ont coûté un milliards de francs CFA à la Confédération Nationale des Producteurs de Coton du Cameroun  (CNPC.C) et 12 063 hectares de surfaces de coton ont été submergées. Le ministre a demandé au DG Abdou Namba d’introduire à la Sodecoton la filière de tisserands qui se pratique sous d’autres cieux. Soucieux du vécu quotidien des planteurs qui ne gagnent qu’une fois l’an le revenu du coton, M. Essimi Menye a souhaité que la Sodecoton introduise aussi la filière laitière. Selon le Ministre, il faut acheter des vaches à lait et les mettre à la disposition des planteurs afin de leur permettre de traire et vendre du lait au quotidien.

                                                                                                                 PIERRE ABDOU.      

Réaction :

Sénateur Bebnonné Payounné, producteur coton.

« C’est une visite qui nous réconforte, cela témoigne à mon avis et celui de l’ensemble des producteurs de coton de l’importance que les pouvoirs publics accordent à cette filière qui est importante tout  comme la filière cacao, café, palmerais. Le coton continue à jouer le rôle de locomotive économique dans les régions septentrionales. La Sodecoton joue un rôle social, la jeunesse camerounaise y trouve sa place. Le coton crée l’emploi et est un moteur de l’activité économique au Cameroun. Si nous cessons de produire le coton au Cameroun, nous commencerons à importer le coton du Burkina Faso et du Bénin que la Chine et l’Inde continuent à nous envoyer. Il est d’autant plus important que la Sodecoton soit passée sous la tutelle du Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural. Il fallait que le Ministre s’imprègne des réalités de cette structure qui est un poumon économique au Cameroun dont des milliers de familles en dépendent.»    

 

Interview :

M. ESSIMI Menye, Ministre de l’Agriculture et du Développement Rural.

 

L’Action : Quel l’objet de votre visite dans  la Région du Nord ?

M. ESSIMI Menye: Je suis venu visiter l’Ecole Technique d’Agriculture de la Région dans le but d’y introduire des nouvelles séries. Je viens aussi visiter à Lagdo le site qui devra accueillir la prochaine ferme semencière de première catégorie sur 2000 Ha qui va produire de la semence certifiée, calibrée, conditionnée pour toute la région septentrionale, afin de permettre aux planteurs d’accéder aux semences de très haute qualité. Bien plus, la SODECOTON représente pour nous un bon exemple de ce qu’une agro industrie peut faire. Une entreprise qui a besoin d’être présentée au grand public afin que notre jeunesse puisse mieux apprécier les étapes qu’il faut franchir pour devenir un pays émergent. Société dont je félicite le management et aussi toutes les parties prenantes de la filière coton.

L’Action : Quel sera l’avenir de l’Ecole Technique d’Agriculture qui forme les techniciens dans la filière depuis 1984 ?

M. ESSIMI Menye: Nous avons engagé un nouveau partenariat avec une école d’excellence basée à Ouagadougou, qui forme des ingénieurs dans plusieurs secteurs de l’agro pastorale et rurale. Cette école va nous permettre de former des jeunes camerounais et d’autres de la sous région dans des techniques telles que l’irrigation, l’assainissement, la solaire, la chaine du froid. Cette école va démarrer ses activités cette année et nous verrons comment ces filières vont s’établir en même temps que celles qui sont déjà en place.

L’Action : Le marché de l’emploi est très saturé aujourd’hui, comment entendez-vous résorber le chômage après avoir formé ces jeunes ?

M. ESSIMI Menye: On ne les forme pas les jeunes pour les intégrés dans une quelconque structure, mais des entrepreneurs pour créer des richesses et c’est à eux de s’établir. L’Etat ne joue pas au ‘’one size feed all’’. Chacun doit monter son projet et si çà rencontre ce que le Gouvernement met en place, il sera financé. Les projets présentés par les entrepreneurs seront soumis aux banques, les PME ou la Banque Agricole et autres. L’Etat ne peut pas se mêler de tout ce qui se passe dans les micros projets, si non on ne s’en sortirait pas. L’Etat met en place des outils et des formations pour permettre aux jeunes de s’épanouir et de réaliser leur rêve. Cependant l’Etat continuera à donner des semences parce que c’est ça que nous produisons, surtout les  semences de bonne qualité. L’Etat ne dispose pas d’un chéquier pour signer à tous ceux qui sortent des écoles ou des universités car il y en a beaucoup. Le Gouvernement veut fonder des piliers qui vont nous permettre d’aller vers cette agriculture de deuxième génération qui nous permettra à terme d’atteindre l’émergence.

                                                                                            Propos recueillis par Pierre Abdou.    



11/08/2013
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