Rives de la Bénoué

3 Camerounais de Amchidé tombés sous les balles de Boko Haram à Banki

Insécurité transfrontalière

 

 

3 Camerounais de Amchidé tombés sous les balles de Boko Haram à Banki


Banki au Nigeria et Amchidé du côté du Cameroun, deux villes frontalières séparées par une barrière et les drapeaux Camerounais et Nigérian qui sont hissés des deux côtés. Les populations nigérianes et camerounaises qui sont pour la plus part Kanuri et Haoussa vivent sans complexes de nationalité. Ces populations d’une même famille ont élu domicile au Nigeria et au Cameroun  comme le confirme M. Yaouba : «  ma famille partage les deux nations et tous ont une double nationalité, Camerounais quand nous sommes à Amchidé et dès que nous traversons à Banki nous brandissons la nationalité nigériane ». Aujourd’hui ces peuples peinent à décliner leur identité depuis les attaques  répétées de la secte Boko Haram du côté Nigeria dont la dernière, plus grande et  plus meurtrière remonte au jeudi 3 mai 2012.

Ce jour là, les « rebelles » ont tenu en respect toute la ville de Banki de 18h à 6h du matin. Un Camerounais raconte : « les premiers tirs ont été entendus à 18h et les derniers vers 6h du matin. Nous avons reçu des consignes de rester chez nous. Mai nous ressentions les tirs sur nos toitures ». Les traces sont visibles à Banki, des fissures sur les murs, des magasins incendiés, des véhicules calcinés. Cette attaque du 3 mai a fait plus de victimes du côté Nigérian. Quelques Camerounais qui se travaient de ce côté Nigeria se sont mal tirés d’affaire. 3 morts dont un jeune élève au Lycée de Limani ville camerounaise, qui chaque soir après les cours a l’habitude de faire son ‘’Business’’ à Banki, une dame et un homme, le chef de brigade de douane de Banki. Le poste de douane et le matériel roulant de la douane réduits en cendre. Le chef de brigade qui avait tenté de traverser la frontière pour se retrouver au Cameroun a été rattrapé par une balle et brulé selon une source bien introduite qui confirme par ailleurs que les adeptes de Boko Haram n’ont aucun traite avec les camerounais, mais rien qu’avec le Nigeria. Les populations ont vécu en direct l’événement qui ressemble à un film western. Des coups de feu, des crépitements sur les toitures et les murs, avec comme bilons des pertes en vies humaines et un important dégât matériel. Un événement qui a paralyse les activités de cette célèbre ville l’habitude de s’y rendre fréquemment, les magasins sont vides et fermes, les yamiri’’ ont quitte la ville, pour retourner au sud, l’attaque du 3 mai n’était pas comme on le dit une attaque à tête chercheuse, ou une attaque qui vise les chrétiens. Elle a visé tout le monde, toutes religions confondues ; quelques dignitaires de la ville ont été kidnappes, d’autres assassinés. Les Haoussa et Kanuri ont connu un calvaire sanglant dont les souvenirs restent indélébiles. le mot Boko-Haram est devenu sacré. « Il nous est interdit de prononcer ce nom, c’est une consigne de ces adaptes. Quiconque le fait, c’est au prix  de sa tête » nous a révélé quelqu’un qui a requis l’anonymat.

Malgré le couvre feu instauré chaque nuit de 17h à 9h du matin, l’heure où les frontières restent hermétiquement fermées, la police a ainsi adopté un geste pro actif car le jour de l’attaque, elle est arrivée sur le lieu à 11h, bien après le départ des Boko-Haram. Mais Boko-Haram est revenu quelques jours après. Et cette fois, les policiers nigérians étaient bien en place. La riposte était musclée et les assaillants ont été repoussés.    



21/05/2012
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